Executive Summary

“In this situation, we should know, before anything, what is happening in cyberspace so that we can use our knowledge, science, and persistence to defeat our enemy in the soft war.”

Supreme Leader Ayatollah Khamenei

Depuis la Révolution Islamique de 1979, l’Iran est au ban des nations. En dépit d’une économie exsangue, asphyxiée sous le poids des sanctions internationales, la République Islamique n’a pourtant jamais tiré un trait sur ses ambitions de puissance. Limité dans son accession aux technologies de pointe dans de nombreux domaines par son isolement contraint, l’Iran est passé maître dans l’art de mobiliser des capacités alternatives et subversives lui permettant de défier et déstabiliser ses adversaires les plus avancés technologiquement tels que les États-Unis ou ses rivaux régionaux Israël et l’Arabie Saoudite.

Le développement de son programme nucléaire constitue un moyen pour la République Islamique de retrouver une place sur le devant de la scène internationale et de s’imposer comme l’une des puissances incontournables au Moyen-Orient. Toutefois, les aspirations nucléaires iraniennes suscitent de nombreuses critiques et mettent le feu aux poudres dans cette région déjà explosive et sous haute tension. Depuis plus d’une quinzaine d’années, l’Iran a compris, comme d’autres nations, que le cyberespace représentait un autre levier de puissance, beaucoup plus insidieux, lui permettant de se faire remarquer sans avoir à redouter de potentielles représailles économiques ou diplomatiques. Développé dans un premier temps pour répondre à des problématiques domestiques, le programme cyber iranien s’est ensuite forgé en grande partie en réaction aux attaques dont la République Islamique a été victime. Aujourd’hui, l’Iran considère la stratégie cyber comme un outil offensif tout aussi efficace que des armes conventionnelles, pouvant être mobilisée en cas de montée des tensions dans la région.

De Stuxnet aux récentes cyberattaques à l’encontre des systèmes hydrauliques en Israël en passant par Shamoon, Citalid vous propose un dossier en deux parties afin de mieux comprendre les liens étroits qu’entretiennent la stratégie cyber iranienne et son contexte national et géopolitique actuel.

PARTIE I > LA STRATÉGIE CYBER IRANIENNE : ENTRE ASPHYXIE ET NOUVEAU LEVIER DE PUISSANCE

Si l’Ukraine a souvent été qualifiée « de laboratoire cyber » de la Russie, alors l’Iran a sans nul doute été le laboratoire cyber des États-Unis et de certains de leurs alliés. C’est dès lors en réaction à une série d’attaques dévastatrices et souvent hautement sophistiquées que le pouvoir iranien a rapidement dû développer ses propres capacités cyber pour tenter de se défendre, mais aussi utiliser ces nouvelles compétences, acquises à marche forcée contre ses adversaires, pour affirmer sa puissance dans le cyberespace.

L’impératif est triple pour la République Islamique. Il s’agit d’être capable de se défendre pour protéger ses infrastructures critiques et leurs capacités liées (notamment nucléaires), de surveiller les forces d’opposition à l’intérieur et l’extérieur du pays susceptibles de déstabiliser le régime tout en réduisant l’influence occidentale et enfin d’affirmer ses capacités en matière de Lutte Informatique Offensive (LIO) sur la scène internationale.

Lire l’article : https://citalid.com/blog/la-strategie-cyber-iranienne-entre-asphyxie-et-nouveau-levier-de-puissance/

PARTIE II > RÉALITÉS ET PERCEPTIONS DE LA PERSE MODERNE : UN PARANGON CHIITE SCLÉROSÉ ?

L’image de l’Iran de 2021 n’est pas sans rappeler celle de 2012, antérieure à la célèbre Operation Shamoon, celle d’un pays torturé qui oscille entre une volonté certaine de sortir de l’isolement international et une propension à s’ancrer durablement dans un imaginaire populaire collectif, dicté par son histoire et sa culture, d’une Perse forte et indépendante. Depuis la chute du Shah, la nomenclatura politique du pays entend enraciner son emprise et sa légitimité sur la nation tout en tentant, bon gré mal gré, de repositionner l’État au premier plan de la scène internationale en lui attribuant un rôle chaque jour plus déterminant au Moyen-Orient.

Ainsi, l’Iran est un État aux multiples facettes, lesquelles se reflètent dans l’organisation même du pays, entre théocratie et démocratie, entre chiisme politique et nationalisme laïque fondé autour de la figure du perse, issu d’un héritage millénaire. Sur l’aspect politique, il semble avoir trouvé son rythme de croisière, à la fois par la constitution d’un réseau d’acteurs protéiforme employé à projeter sa puissance à travers le Moyen-Orient, et à la fois par son positionnement comme parangon de « l’Axe de la Résistance » et du croissant chiite, matérialisation de son ambition hégémonique dans la région par confrontation avec l’Arabie Saoudite et Israël.

Lire l’article : https://citalid.com/blog/realites-et-perceptions-de-la-perse-moderne-un-parangon-chiite-sclerose/